Réorganisation « cœur de métier » : le temps de la mise en œuvre


Le 10 juillet, l’organisation des directions « coeur de métier » (pour reprendre les termes de l’administration) a de nouveau été soumise au vote des représentants du personnel en CSA. L’administration, suite au vote unanimement défavorable émis lors du CSA du 30 juin et aux demandes portées par le SYNPAS-FO entre le 30 juin et le 10 juillet, a par ailleurs présenté les mesures envisagées pour cette mise en place, notamment en matière de formation et d’accompagnement.

Le texte ci-dessous reprend, dans les grandes lignes, la position exprimée oralement par le SYNPAS-FO à cette occasion.


Dès lors qu’aucune raison crédible n’a été donnée à la réforme initiée en 2023, toutes les organisations peuvent s’envisager :

Conserver dans les grandes lignes les organigrammes et processus historiques hérités de l’ASN et de l’IRSN ? Tout à fait envisageable : le système a fait ses preuves et rien de concret n’amène à remettre en cause sa capacité à absorber la relance du nucléaire.

Créer des directions thématiques regroupant des bureaux de décision et d’expertise, ou des bureaux mêlant les deux ? Deux options tout aussi envisageables sur un plan théorique, tant que les dispositions de séparation de l’expertise et de la décision prévues par la loi sont respectées.

Le cœur du problème se trouve ici : dès l’instant où ni le Parlement ni, surtout, le Gouvernement n’ont été capables de donner un sens à cette réforme, il est du devoir du président de l’ASNR, aussi pénible que soit l’exercice, de le faire. Où, collectivement, allons-nous ?

Cette absence de perspective crée de grandes inquiétudes et tensions : « pourquoi change-t-on mon travail ? » Elle nourrit également les inquiétudes quant à l’équilibre entre les cultures et les missions héritées des deux organismes.

Le SYNPAS-FO a donc acté qu’aucune justification de fond n’était apportée à l’organisation retenue et n’a pas souhaité poursuivre des débats théoriques devenus stériles sur les principes guidant l’organisation, préférant se concentrer sur la proposition de l’administration, ses conséquences pour les personnels et sa mise en œuvre.

Nous avons demandé à l’administration des réponses et explications vis-à-vis du projet présenté, et, entre les CSA du 30 juin et du 10 juillet, l’administration a été en mesure de montrer qu’un travail important était mené pour permettre la montée en compétence des collègues évoluant vers des postes ayant des composantes d’expertise et de décision, ainsi qu’un accompagnement des managers, en particulier des cheffes et chefs de bureau, qui seront en première ligne.

Cette évolution est salutaire et permet de poser de nouvelles questions. En effet, il reste que cette réorganisation demeure incomprise par les personnels et que des points de tension persistent :

  • Le choix de l’organisation retenue pour la DIREP, malgré des ajustements, n’a pas emporté l’adhésion des personnels de la DEP. Une organisation n’est pas théorique : elle est composée des personnels qui la font vivre. Comment la faire fonctionner si cette adhésion n’est pas acquise ?
  • La reprise des missions des « cellules transverses » de la DRC est toujours en cours de définition, alors qu’elles concernent directement les postes de nombreux collègues. De manière générale, la mise en place de la DILUDDT souffre d’un déficit manifeste de communication ;
  • L’intégration du SATIN au sein de la DAT nécessitera de coordonner les outils historiques de retour d’expérience (REX) de l’ASN et de l’IRSN. Nous ne disposons d’aucune précision sur cette coordination, ni sur l’articulation avec les bureaux des autres directions travaillant également sur le REX ;
  • La mise en place de l’organisation de crise (fusion BSU-SESUC) de la DCIS a été durement vécue par les personnels. L’efficience de cette organisation, ainsi que le maintien d’agents publics au sein de cette organisation, demeurent des points d’attention majeurs.

Toutefois le SYNPAS-FO fait un constat simple : après des mois d’incertitudes, le personnel a besoin de stabilité et de retrouver de la sérénité. Le temps de discuter de l’organisation est passé. Il faut désormais la mettre en place, la suivre, en tirer les enseignements et réinterroger ce qui doit l’être.

Nous reconnaissons les efforts engagés par l’administration depuis le 30 juin et le besoin d’avancer, sans pour autant donner notre plein assentiment à une bascule encore entachée de trop d’incertitudes et marquée par certains désaccords structurants sur des points de l’organisation retenue. Nous avons donc choisi de nous abstenir sur l’organisation proposée au vote.


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